Freelance France Japon

Le réseau des professionnels indépendants et entrepreneurs franco-japonais

Je me pose une question fondamentale depuis quelque temps sur la relation entre les catégories "entrepreneur" et "professionnel" dans l'association FFJ. J'hésitais à poster mes soucis, car je ne voudrais nullement offusquer des membres de FFJ que je compte parmi mes amis. C'est une question de principe qui ne vise personne en particulier.

Il me semble qu'un entrepreneur – du moins quelqu'un qui entreprend une aventure dans un nouveau business – est a priori un "amateur" au départ. Il y a des entrepreneurs professionnels, certes, qui connaissent ou qui analysent les risques et les bénéfices potentiels avant de s'aventurer dans un nouveau business. Mais ça m'inquiète lorsque FFJ accepte des membres qui arrivent au Japon sans connaissances ou contactes au préalable et qui se déclarent "freelanceur" ou "entrepreneur" parce qu'ils n'ont pas encore trouvé leur niche. Il me semble que nous sommes ici (au sein de l'association FFJ) pour partager des renseignements utiles entre pairs. Il faut que nous soyons déjà des professionnels, avec un certain niveau de connaissances acquises, pour ainsi faire.

À vrai dire, je suis conscient du fait que, même si je suis un professionnel dans le tournage pour la télé et dans la production audio-visuelle, je ne suis pas bon homme d'affaires. J'ai investi toutes mes épargnes dans la création d'une salle de montage et de graphismes 3D, afin d'être le seul Gaijin à pouvoir réaliser des productions entières au niveau broadcast... et la bulle économique a pété tout de suite après.

Je me demande toutefois s'il n'y a pas un niveau trop élevé de dilettantisme à FFJ. Je vous rappelle que nous nous avérons une association de vrais pros. J'appui les nouveaux arrivés dans quelque domaine professionnel que ce soit, surtout le mien, mais aussi des artistes et des travailleurs bénévoles qui oeuvrent dans les actions charitables. Ceci, seulement s'ils ont des rêves réalistes et ils s'appliquent sérieusement à la tache. Je ne veux pas que l'association devienne élitiste, mais la question reste fondamentale.

Je reconnais que les discussions récentes dans nos pages et les présentations aux réunions mensuelles sont très valables. C'est peut-être là que je devrais terminer cet argument. Je vous prie tous d'écrire de temps en temps des questions et des commentaires qui contribuent à FFJ de la "valeur rajoutée." Sinon, le niveau professionnel perçu de FFJ risque de descendre en bas de la ligne décrite dans notre chartre d'association, et notre "fenêtre" commune au monde extérieur perdra l'effet voulu.

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Merci Michael pour ce commentaire. Les critères d'acceptation à FFJ ne sont pas stricts, et en ce qui concerne surtout l'expérience dans le cadre japonais/francophonie, il n'y a pas actuellement de système pour mesurer l'expérience et placer la barre à un certain niveau aléatoire.

Actuellement, deux choses fonctionnent comme filtres à l'entrée. Sans surprise, la condition ultime qui est d'accepter de discuter à distance ou à Tokyo est majoritairement suivie par le silence du candidat. Au bout de quelques jours, 4, 5, j'efface les demandes de ces personnes incapables d'aller plus loin. Pour moi, caller devant cet obstacle mineur - une petite discussion sans prétention - mais qui implique de prendre l'initiative de communiquer est très porteur de sens sur l'intérêt potentiel qu'a le candidat à s'investir au-delà que de se voir affiché dans la page des membres. Ce qui n'empêche pas une déperdition considérable même parmi ceux qui franchissent ce cap.

Le deuxième filtre est "naturel". On sait, et on ne remettra pas sur la table sauf à le faire sans émotions que la très grande majorité des inscrits passent d'eux-même dans la trappe de l'oubli qu'il se sont inscrits. La limite de validité de l'inscription qui a été introduite fin juin dernier et qui sera appliquée début janvier prochain aura pour conséquence d'éliminer au bas mot 50% des inscrits actuels. Et ceux qui resteront alors ne seront pas tous pour autant des membres actifs. Je suis le premier à ne pas m'en réjouir. Est-ce que cela débouchera sur plus d'expression de professionalisme? L'avenir le dira.

On aura aussi à charge ceux qui ont réagi immédiatement à l'annonce de juin pour laisser une trace quelconque et superflue de leur existance sur FFJ, juste pour ne pas être "punis" dans six mois. Ils sont venus pointer et ils sont repartis. Ils n'ont gagné ni mon estime ni ma volonté de cooptation, mais ils ont joué le jeu, peut-être pas en tant que professionnels par contre.

Je suis bien sûr demandeur d'un protocole d'évaluation à l'entrée plus affiné que celui actuel. Il m'arrive encore d'ouvrir la barrière à des gens plein de bonne volonté affichée qui sont arrivés la veille, mais qui prennent l'initiative de me contacter comme je les invite. Je constate sans surprise que la plupart n'iront pas plus loin et passeront rapidement dans le domaine de l'amnésie. Le syndrome Facebook - je m'inscris sur tout ce qui bouge - fonctionne ici à fond. On n'y peut rien sauf à établir FFJ comme une véritable association légale avec droit de cotisation. Pour plus tard peut-être. Je ne serais pas contre mais c'est lourd à gérer.

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Pour reprendre plus précisemment deux éléments clés de ton message :

1. "Mais ça m'inquiète lorsque FFJ accepte des membres qui arrivent au Japon sans connaissances ou contactes au préalable et qui se déclarent "freelanceur" ou "entrepreneur" parce qu'ils n'ont pas encore trouvé leur niche. "

2. "Je me demande toutefois s'il n'y a pas un niveau trop élevé de dilettantisme à FFJ. Je vous rappelle que nous nous avérons une association de vrais pros."

Le point 1 pourrait être amélioré en affinant les conditions concernant l'expérience professionnelle mais cela encore ne serait pas garant de la participation qui est affaire de volonté.

Le point 2 qui concerne le dilletantisme - synonyme : amateurisme - est une extension du premier. Dans une perspective historique contemporaine, le besoin de jeunes français de s'affirmer comme étant "professionels" est proportionnel à mon sens au mépris envers la jeunesse - tendance forte européenne? - et la conscience aigüe que l'expérience est une clé de la promotion sociale. En plus venant ici, et sachant l'étroitesse du marché du travail pour étrangers par rapport au marché du travail japonais, nombre d'arrivants se situent dans une situation de pis-allé, en attendant mieux, au niveau professionnel, celui qui nourrit normalement tous les jours. S'inscrire peut être motivé par une impression que "ça pourrait servir à quelque chose". La participation elle est une donnée secondaire. Le professionalisme ne serait-il pas avant tout question d'attitude que d'années sur le terrain?

Comment dans ce cas affirmer la professionnalisation tout en accommodant des "débutants"? Quelles sont les caracteristiques d'une association pro? Est-ce que ça n'est pas la gratuité, la facilité, la banalisation à s'inscrire sur un site Internet qui serait en cause? Est-ce que ça ne serait pas la mixité, le mélange de professions? Mettre sous la même bannière des professions sans rapports directs, avec pour caracteristique commune mais faiblement perçue celle de l'entreprenariat individuel est justement la gageure d'origine de FFJ. Ce sont de vraies questions à poser en terme d'actions. Actuellement, je n'ai pas de réponse. Seule la participation soucieuse de non-banalité m'apparait être le meilleur vaccin et le meilleur moyen d'accéder à cette perception de professionalisme - tant que FFJ est comme maintenant publiquement visible. Mais comme le reste, cela dépend d'une décision individuelle, pas d'un réglement. Au niveau collégial, on ne peut qu'inciter par exemple à éviter les discussions décousues et sans suivi du membre qui les lance, ce qui changerait déjà beaucoup la densité des traces qui restent sur FFJ. Les professionnels, ceux qui pensent l'être, sont les premiers garants de la professionalisation du dialogue qui peut se déployer ici. Personnellement, je regrette beaucoup plus l'absence de participation des membres qui affichent dans leurs page profile un vécu tangible que ceux qui en ont moins. D'autres idées et commentaires?

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