Freelance France Japon

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Lionel Dersot

Qu'est-ce qui a changé en 20 ans pour un freelancer s'installant au Japon

Je pose la question parce qu'en 20 ans, ce qui a clairement évolué (à quel point? pas sûr), c'est la perception occidentale du Japon, sa proximité, son accessibilité apparente, en conséquence du flot de jeunes qui se sont mis à apprendre le japonais. Je fais parti de la génération où le japonais était enseigné dans 2 universités en France, et c'est tout. S'il y avait à Jussieu 100 étudiants en début de première année, on n'était qu'une poignée en maîtrise. Le terme "manga" était encore inconnu. Apprendre le japonais était exotique, c'est à dire proprement bizarre. Le Japon se rejoignait encore - sauf à passer par l'URSS - via Anchorage, ce qui augmentait la distance géographique et psychogéographique du lieu. Et même du côté de Roppongi des gens pouvaient se tourner pour zieuter le gaijin. Qu'est-ce qui s'est passé depuis? Un tsunami d'intérêt pour le Japon, une certaine idée de celui-ci, un engouement à le banaliser presque, puisqu'on ne veut surtout pas le dépiauter de ses "mystères", même si des guides - le Routard bien à la traîne - ont découvert et fait découvert le pays. Mais je ne sais pas jusqu'à quelle point n'ayant pas lu ces ouvrages. Je me demande dans quelle mesures et dans quels domaines le Japon est devenu plus accessible. Il semble - et FFJ en a - que le coktail "web developer" "graphic designer" soit un incontournable de jeunes gaijin ici. Le Japon est donc un pays si demandeur que cela de talents qu'on ne trouve pas localement? Les entreprises étrangères on drainé leur lot d'expats et de gaijins à contrats local, les banques, la finance et quelques boîtes dans le domaine manufacturier. Les visas de vacances-travail de part et d'autres - probablement peu prisés en sens inverse des japonais "normaux" qui risquent gros dans la logique du marché du travail local à prendre une année sabbatique à l'étranger - et les "volontaires d'entreprises gaishikei" ont fait monter les effectifs, mais dans le freelancing, et je veux mettre à part - sorry - les enseignants de français toutes compétences incluses, qu'y a-t-il sur le marché du travail japonais qui justifie, hormis l'aventure, l'envie de claquer la porte de l'hexagone méprisant de ses jeunes de venir ici - où la jeunesse est aussi méprisée mais dans le cadre d'un "système", et le gaijin toujours à la fois dedans et dehors? Il y a pas mal de jeunes membres de FFJ qui auraient des choses à dire sur leur expérience, et leurs motivations "professionnelles" (le reste est privé) à avoir fait le déplacement. Idem pour les "travailleurs itinérants", ceux qui branchent leur ordinateur dès lors qu'il y a une prise pour travailler sur la commande d'un donneur d'ordre jamais vu à des milliers de km. C'est quoi ce marché sans frontière, et qu'est que le Japon représente dans celui-ci?

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Réponses à cette Discussion

"Je me demande dans quelle mesures et dans quels domaines le Japon est devenu plus accessible."

Il me semble qu'il a fais du progrès et est devenu plus accessible purement et simplement dans son exotisme dans la foulée de la mondialisation ; on avait le potentiel justement de de quoi présenter un autre exotisme que celui des cocotiers sur le sable blanc et peuple en habits folkloriques, mais je n'arrive même pas à cerner cet autre exotisme sous la catégorie du charme touristique, puis que je ne peux pas m'empêcher de penser qu'au-delà du tourisme, quand la séduction-convoitise envers ce pays étranger et réciproquement aussi envers les étrangers dans celui-ci s'éteint, comment se faire compter parmi eux sans crier de son existence sur le toit.

Bien sûr cela dépend pas mal de sens de contact chez chacun, mais, il a fallu et faut encore toujours faire du progrès de la part du pays de l'accueil en terme des administrations pour le traitement du statut des étrangers et la mentalité d'hommes prend encore plus de temps à suivre ces changements (je dirais 10 ans d'intervalle entre les lois et la coutume et c'est le cas au japon comme ailleurs).

Un exemple bien connu de la perception japonaise sur les étrangers est paradoxalement de traiter certains Japonais revenus au pays après un long séjour en étranger comme s'ils n'étaient pas des japonais normaux, en les appelant 帰国子女. Ce n'est même pas un péjoratif, mais une "étiquette" socialement considérée au niveau système (administration, écoles et d'autres organisations de ce type). Je ne sais pas si ce sera toujours le cas maintenant après l'augmentation de ce type de personnes depuis 20 ans (c'est un peu l'équivalent en France pour les pieds-noirs?).

Ce qui montre finalement que le Japon n'est un pays particulièrement fermé, mais seulement qu'il s'agit des degré et manière de percevoir sur une personne d'une autre nationalité ou sur une autre personne tout court que le soi qui se diffèrent d'une culture à l'autre et comment l'autruisme d'un pays tel que le Japon s'est développé et influencé sous quels aspects géographique, linguistique et sociale. Comment voient-ils tout cela ces jeunes occidentaux au Japon surtout à long terme?

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Concernant mes motivant elle sont à la fois privée, professionnelles et bassement consuméristes.

Concernant mon travail, j'ai la chance de pouvoir travailler par internet aussi bien que dans une société à condition tout de même d'avoir un peu de matériel pro à la maison. Je vais donc continuer à travailler pour ma socièté en France non plus en CDI mais comme freelance. Je souhaite avant tout fournir mes compétence et des solutions tout en un pour des étrangers voulant produire des films, vidéos, images sans passer par des boites japonaises.

Le raz le bol de la vie Parisienne et le fait que je passe entre 3H et 4h dans les transports sont surement pour beaucoup pour mon envie de changement. Mais je pense trouver au Japon de nombreuse opportunité en plus de mon travail, notamment dans des produit à exporter vers la France. J'ai très envie de travailler dans un cadre qui me plaise. Pouvoir découvrir de nouvelles choses en sortant de chez moi, retrouver le sentiment que j'avais à mon arrivée à Paris il y 4 ans.

D'un point de vue plus consumériste, je consomme beaucoup de produits high tech de par mes différentes passions, lorsque l'on voit l'énorme différence de prix entre la France et le Japon on trouve très vite son compte au Japon.

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Qu'est-ce qui a changé en 20 ans pour un freelancer s'installant au Japon?

Le freelancer à qui on pose la question s'est âgé de 20 ans.

Il ne sait plus ce qui se passe actuellement dans son pays natal.

Il est ici tous les jours, donc il se rend à peine compte des changements (tout comme regarder grandir ses enfants).

Plus ça change, plus c'est pareil.
Voir
http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=940DE0DB133EF930A257...
"Japan to Remove Sanctions Against North Korea"
THE NEW YORK TIMES
Published: September 13, 1988

Les jeunes paraissent plus jeunes.

On nous appelle "obachan," "oyaji."

Nous sommes "chez nous" ici, beaucoup plus qu'ailleurs. C'est normal, après 20 ans. On est à l'aise. Il y a des problèmes où qu'on soit.

On a des prêts à rembourser; des frais universitaires à couvrir (pour nos enfants).

La fossé des générations devient deux fossés.

La bulle a pété il y a tellement longtemps, les nouveaux arrivés trouvent que l'économie est en monte.

C'est un, ou zéro. On ne reconnaît plus que la vie est analogue.

On blague. Pourquoi pas?

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自営業ルネサンスの例外  
En ce mois d'août, ou pour une interpréte le travail se fait rare , entre une OBON ODORI et une autre,
J'augmente le nombre de lectures concernant mes thèmes de recherche.
Notamment je viens de recevoir du centre de recherche en Science Sociales de TODAI ,le SSJ, du quel je suis membre, deux thomes d'analyses sur la décennie après 1990, au Japon.
Il y a une chapitre qui est intitulé" l'exception de la renaissance de l'entreprenariat individuel".
L'auteur montre comment dans tous les pays developpés , à partir des annees 90 on a assisté a celle qui definit , “une renaissance de l'entreprenariat individuel”. Les exemples de l'Allemagne, de la Suède et du Canada sont donnés. Le Japon reste par contre une exception parce que, au contraire on y a enregistré une baisse de moins de 1, 4%.
Une des explications que l'auteur apporte est le fait qu' il n'y ait pas d'aide publique pour la création d'entreprise Individuelle.

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Je fais partie de cette génération qui a connu le Japon avec le manga et le dessin-animé. Une première claque culturelle à moins de 10 ans d'âge, où tout est bousculé, revu et remanié, vous démontrant que rien n'est absolu et que tout est possible, imaginable... certaines personnes comparent le rayonnement du Japon (et de l'Asie) aujourd'hui, au rayonnement que pouvaient avoir les USA dans les années 50 en France (et un peu partout en Europe).

Je fais partie de cette génération aventurière qui traverse la moitié du globe en Avion et découvre le Japon d'aujourd'hui, son peuple, ses traditions, ses paradoxes, son histoire... une seconde claque à plus de 30 ans :)

Je ne sais pas trop comment l'expliquer, mais je dirais que ma manière de voir les choses a toujours été plus en phase avec l'esprit Japonais que l'esprit Français, pour ce que je connais des valeurs et coutumes de chacun des deux peuples. Mais pour le moment je n'ai pas encore prévu de venir y vivre... enfin pas avant 2009 ou 2010, on verra bien d'ici-là ^__^

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Ce qui suppose avoir une compréhension de ce qu'est l'esprit Français et l'esprit Japonais alors que cette compréhension n'existe pas. Je pense que c'est une illusion tout comme l'amourachement français pour le Japon que je perçois d'abord et avant tout comme une volonté de fuite, mais les illusions n'empêchent pas de vivre. Quid de l'intéraction entre les français - les gaijins d'une manière plus large - et les japonais? A mon avis, et avec l'âge, hormis sa copine devenu épouse, très peu de choses sinon qu'avec des japonais "bizarres" parce que "francophonisés". Les USA des années 50 ne donnaient pas envie d'y vivre, juste d'y aller voir. Ici, l'attirance de la société de consommation réussie, celle dont les services sont à la hauteur des prétentions à la qualité des services tels que chantés dans les publicités sont un atout majeur de l'attrait pour le Japon comme société de service hautement perfectionnée. Humainement parlant, hormis les banalités sur "ils sont gentils et courtois", tout le discours sur le Japon issu de l'Occident est plus que jamais une forme d'onnanisme qui ne dit pas son nom. Ca n'est pas "j'aime le Japon", mais "je m'aime en Japon". Affaire à suivre.

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Je pense effectivement qu'il y a une dérive dans cette discussion qui n'en est plus une. Quelles dynamiques invitent et favorisent (ou son inverse) la vélléité de s'investir au Japon en tant que freelancer en 2008? Certainement pas les mêmes qu'il y a 20 ans?

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Pour citer quelques éléments dynamiques qui n'existaient pas ou étaient embryonnaire il y a 20 ans ou plus:

1. Proximité, accessibilité du Japon (proximité/attrait culturel au quotidien, visas vacance travail pour certains pays, etc.)
2. Attrait de la culture populaire (lire à ce sujet cet article)
3. Perception d'une similitude de tendances - même s'il s'agit en partie à mon avis d'une construction de l'esprit - qui résulte en moins d'à-priori sur le thème classique des "différences"
4.

Il y en a sans aucun doute d'autres facteurs dynamiques.

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4. De plus en plus de gens qui s'installent ici parlent et même lisent le japonais avant leur arrivée. L'apprentissage du langage s'est beaucoup amélioré depuis 20 ans.

5. Après leur arrivée, beaucoup d'étrangers font des efforts pour apprendre le japonais, et ne s'attendent pas à se faire communiquer en anglais. Ce n'était presque pas le cas il y a 20 ans ou plus.

6. Beaucoup plus de Japonais vivent outre-mer pendant des années, et apprennent à (plus ou moins) bien communiquer en anglais, français, ainsi de suite. Il faut dire que très peu des étrangers qui ont déménagé au Japon maîtrisent le japonais.

7. Des rentrants au Japon (returnees Japonais) ne se sentent pas 100% à l'aise ici, et ils sont intéressés à s'associer avec le langage et la culture du pays où ils ont vécu. Donc, il y a potentiel d'en intégrer à FFJ, si on fait un effort pour rendre notre site accessible en japonais.

8. Il y a beaucoup plus d'enfants de mariages mixtes qui sont bilingues (les miens, malheureusement, ne parlent que japonais).

9. En revanche, il y a une pléthore d'écoles internationales, donc les enfants d'expatriés ne s'intégrant pas nécessairement à la vie locale. Ce n'est pas mauvais en soi.

10. Il y a moins de travail à temps plein, et beaucoup de "headhunting." Je ne connais pas les statistiques, mais j'imagine qu'il y a plus de freelancers qu'il y a 20 ans.

11. Dans mon domaine – la production A/V / TV – les budgets ont diminué et les sources de travail freelance sont moindres.

12. L'Internet est devenu le moyen de communication et de recherche d'info.

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Bonne analyse complémentaire, Michael !

Ne sous-estimez pas non plus l'extraordinaire implantation du manga et de l'animé en France... encore une fois je parle de ce que je connais, avec mes yeux de jeune débarqué ici :)

Cela a initié plusieurs générations de Français à certaines bases de la culture Japonaise, et donc a porté un coup de projecteur flamboyant sur le Japon... un intérêt certainement inattendu, mais bien réel.

Je suppose que de nombreux "jeunes" freelances viennent aujourd'hui au Japon, en s'étant découvert un vif intérêt pour ce pays par le biais de ce qu'ils en ont vu quand ils étaient enfant. Après, le temps nous dira si ce n'était qu'un intérêt éphémère ou bien si cela mettra en place de nouvelles formes de collaboration pour le futur.

Je pense que tout est possible, tant qu'on le veut et qu'on se donne les moyens d'y arriver.

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Qu'est-ce qui te permet de penser que cette compréhension n'existe pas ?

Pour revenir au point de départ de cette discussion, je tiens à préciser que je connais quelques "Gaijin" Français expatriés à Tokyo, depuis plusieurs années, pour travailler dans le domaine de l'animation (dessin-animé, prod TV et OAV), parce que tout simplement il leur est impossible d'exercer leur métier comme ils l'entendent en France.

C'est une branche d'activité intermittente en France, et relativement précaire ici également, donc associable au principe de Freelance.

L'un d'eux m'a avoué ne plus jamais vouloir retravailler en France, car il y a réellement un fossé entre les deux pays... un fossé dans l'esprit même qu'ont la majorité des gens dans ce type de profession. Je reviens à cette fameuse" compréhension d'esprit", qui concerne plus spécifiquement le milieu auquel j'estime appartenir, donc à propos duquel je suis à même de parler.

Ce serait effectivement une erreur de penser que la vie pour les Freelances est plus simple au Japon qu'à Paris, c'est peut-être même plus difficile pour un "gaijin", je ne sais pas (à vous de nous le dire, pour ceux qui sont là depuis de nombreuses années). Quoi qu'il en soit, choisir de devenir Freelance est déjà un pari de vie, car on sait tous que TOUT est variable, il n'y a pas de parachute comme lorsque l'on est simple employé dans une entreprise...

Alors autant exercer ce métier "à risque" dans un environnement que l'on apprécie.

Je pense qu'il y a de plus en plus de Freelances Français qui doivent apprécier exercer leur métier au Japon, aujourd'hui, pour différentes raisons que je ne maitrise pas, mais je peux en comprendre certaines, comme l'attrait culturel ou les professions connexes.

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Ce qui me permet de penser que la compréhension n'existe pas, c'est 23 ans de séjour et de réflexion ici à Tokyo. Je ne développerai pas, je le fais sur un blog ailleurs. Si l'attrait pour l'animation est certainement une dynamique esssentielle et contemporaine de la venue de français au Japon, il faut tout de même ramener le phénomène à ses dimensions réelles, celui d'une goutte d'eau dans ce qu'est l'immigration au Japon majoritairement asiatique à plus de 95%, et pas motivée pour les mêmes choses. Je suis par contre très préoccupé de cette expression, sérieusement préoccupé: "C'est une branche d'activité intermittente en France, et relativement précaire ici également, donc associable au principe de Freelance." Cela signifie donc que la précarité et le freelancing viennent main dans la main, sont associé l'un à l'autre systématiquement? Quid d'un avocat d'affaires, d'un architecte installé au Japon et aillant "réussi"? C'est extrêmement préoccupant que de vouloir associé comme étant naturel le freelancing avec la précarité parce que l'on va associer FFJ au club des précaires et donc limiter sa portée, déjà limitée du fait qu'un réseau social "en ligne" attire avant tout et naturellement des générations pour qui l'usage d'Internet est une évidence (certes, il y a des exceptions parmi les membres), c'est à dire d'abord une population jeune et donc statistiquement précaire professionnellement. En suggérant comme naturel le lien freelancing/précarité - ce qui est absolument faux - on devient involontairement répulsif vis-à-vis de ces freelances "casés" qui ne vont pas du tout se reconnaître dans FFJ, ce qui serait désolant parce qu'il y a effectivement déjà ce clivage à outrance entre les "p'tits d'jeunes qui's lancent" et ceux qui ont la bedaine et pas du tout enclin à entrer en communication avec moins expérimentés qu'eux.

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